Conférences

Un des points forts des activités du Laboratoire d’Archéologie du Lauragais (Labarchéo) est l’organisation de cycles de conférences par des spécialistes de haut niveau. Libres et gratuites, elles s’adressent à un large public. Elles visent à faire connaître le résultat des recherches de terrain récentes dans la région, les méthodes d’investigations, les sciences contribuant à l’archéologie. Ce programme de conférences est soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication,  DRAC de Languedoc Roussillon, Service Régional de l’Archéologie, et la commune de Bram. 


 

>>> Le samedi 29 avril 2017 au musée archéologique Eburomagus (Bram) –  Conférence par Christophe Vaschalde, docteur en archéologie : La fabrication de la chaux dans le Midi de la France. Histoire de la production d’un matériau aussi aride qu’indispensable au travers d’une démarche interdisciplinaire.

La deuxième conférence du cycle 2017, soutenu par la Drac d’Occitanie et la commune de Bram s’est tenue au musée Eburomagus. Christophe Vaschalde jeune et brillant chercheur a été, il y a une dizaine d’années, l’initiateur des recherches sur la fabrication de la chaux. Sur ce sujet apparemment très aride, il a captivé un auditoire nombreux et passionné. Au-delà de son utilisation bien connue dans les mortiers des grands édifices publics romains, c’est toute la chaîne opératoire de la fabrication souvent complexe qui a été restituée, notamment à partir des fouilles des fours qui se sont multipliées grâce à l’archéologie préventive. Avec une maîtrise parfaite des outils didactiques, Christophe Vaschalde a défini les différents produits, montré le cycle de la transformation du calcaire sous l’effet de la chaleur. L’analyse de la morphologie des fours, des restes de matière première et de combustibles a permis de préciser les étapes et les conditions de la fabrication. La démarche s’appuie sur les sources écrites, l’identification des essences utilisées par l’étude des charbons de bois, et la comparaison avec les pratiques toujours en cours dans des pays en développement. De belles images sur la chaufournerie actuelle en Tunisie et au Maroc ont illustré l’apport de l’ethnoarchéologie à cette recherche. L’aspect historique a été mis en lumière à partir d’un graphique très parlant sur l’évolution de l’utilisation de la chaux dans le midi de la France au cours des âges. Signe des débuts de la romanisation, elle se développe aussi bien dans l’habitat privé que dans la construction publique au Haut Empire. La fin de l’Antiquité tardive et le début du Moyen Age voient son abandon, jusqu’à la renaissance carolingienne. Une conférence absolument passionnante qui a suscité une longue discussion d’excellent niveau.

>>> Le samedi 25 mars au musée archéologique Eburomagus (Bram) : Le point sur l’atelier de potiers de Fanjeaux (Ve siècle de notre ère) et le projet de fouille programmée 2017 – Conférence par Benoit Favennec, docteur en Archéologie et Michel Passelac, chercheur honoraire au CNRS,  président de Labarchéo. Benoit Favennec, jeune chercheur associé au Laboratoire Archéologie des Société Méditerranéenne (UMR 5140 du CNRS), et Michel Passelac,  ont exposé l’histoire des observations sur cet important site potier du Ve siècle de notre ère. Découvert en 1976 par Monique Lamache, à l’occasion de travaux agricoles, l’atelier n’est connu à ce jour que par des prospections. L’importante collection de céramiques recueillies lors de ces opérations, plus de 10 000 tessons, et entreposée depuis 2012 au dépôt archéologique de Bram, a permis de caractériser le site du point de vue de la superficie et du répertoire des productions. Une première publication a ainsi eu lieu en 2014, à la suite d’une communication au congrès de la Société Française d’Etude de la Céramique Antique en Gaule à Chartes. Les potiers ont produit diverses catégories de céramique : de la vaisselle pour le service et la table, enduite en souvent décorée, ainsi que des ustensiles pour la préparation, la cuisson et le stockage des aliments. Il s’avère être le plus important atelier connu à ce jour, pour la production de céramiques engobées et décorées au poinçon en Gaule (appelées Dérivées des Sigillées  Paléochrétiennes). Ses produits ont connu une très large diffusion, par Bram et la voie d’Aquitaine qui reste encore à préciser (Ils sont très présents à Narbonne et au moins jusque dans l’Hérault). Pour mieux connaître ce site exceptionnel, son état de conservation et ses structures de production, une première campagne de fouilles est prévue pendant l’été 2017 sous la direction de Benoit Favennec et de Michel Passelac.

 

>>> Le samedi 10 décembre 2016 à 16h30 au musée archéologique Eburomagus (Bram) : « Archéologie et plantes – Des graines pour mieux connaître les Hommes du passé » – Conférence par Charlotte Hallavant, carpologue, chargée d’études, associée au laboratoire TRACES CNRS-Université de Toulouse. L’archéologie fait rêver petits et grands par la découverte chaque année et partout dans le monde de sites qui permettent de mieux comprendre les sociétés du passé. Toutefois, si les vestiges de céramique, de matériaux lithiques, de restes humains ou animaux demeurent de loin les vestiges archéologiques les plus emblématiques, des restes d’autre nature et bien moins connus permettent également de cerner la « manière de vivre » et les « pratiques » de ces ancêtres. Ce sont les vestiges de graines et de fruits qu’étudient les carpologues. À la faveur de conditions de préservation particulières, des vestiges très variés issus de la reproduction des plantes (graines, noyaux, pépins, capsules, etc.) peuvent être mis au jour par les archéologues dans des contextes tout aussi divers que des foyers, des silos et bien entendu des latrines. L’exposé a débuté par une définition de la discipline, une solide présentation introduisant aux techniques d’étude et aux problématiques visées. Cette partie a été présentée avec un grand souci de pédagogie, appuyé sur une abondante et très pertinente illustration. La portée des résultats a été évoquée à travers l’exemple du travail de recherche universitaire qu’elle a mené à partir des restes recueillis lors de la fouille du château de Montaillou en Ariège. On se souvient que ce site a été présenté le mois dernier dans les mêmes lieux par Jean-Paul Cazes. Au delà des informations très précises sur l’alimentation de cette communauté médiévale, l’étude a mis en évidence l’introduction de l’épinard  à partir de l’Espagne à la fin du XIIe ou dans la première moitié du XIIIe s. dans le Midi de la France. Par ailleurs l’analyse des restes végétaux a permis de déterminer les techniques de récolte    et de restituer assez finement le paysage agricole et les activités productives du plateau de Montaillou.  Cet exposé très complet, structuré, clair, parfaitement illustré, mené sur un rythme soutenu a été grandement apprécié par une salle comble. Lab Archéo reprendra son programme de conférences gratuites et publiques soutenues par la commune de Bram et le Service régional de l’Archéologie de Montpellier au printemps 2017.

>>> Le samedi 12 novembre 2016 au musée archéologique Eburomagus (Bram) : « Montaillou (Ariège) – Archéologie d’un château pyrénéen » – Conférence par Jean-Paul Cazes, archélogue, docteur en Histoire, associé au laboratoire TRACES, CNRS-Université de Toulouse. Cette conférence été donnée par Jean-Paul Cazes archéologue et historien médiéviste bien connu à l’invitation de Lab Archéo, au musée Eburomagus. Jean-Paul Cazes a fait revivre par les données de la fouille ce site pourtant très dégradé et a su nous a fait partager sa passion et sa grande érudition. Le village médiéval de Montaillou, un des derniers bastions du catharisme en haute Ariège au début du 14e siècle, est devenu célèbre grâce à l’ouvrage d’E. Leroy-Ladurie en 1975 « Montaillou village occitan ». Mais l’histoire de son château, très discret dans les archives, restait à faire. Un programme de fouilles archéologiques menées au début des années 2000 a permis de lever le voile sur cette fortification de montagne, bâtie au 12e siècle par les seigneurs d’Alion (ou Aillou, nom de ce petit Pays entre comté de Foix et haute Vallée de l’Aude), famille apparentée au seigneurs de Niort et d’Usson. Du château il ne reste que les pans du donjon, mais la basse cour a livré des vestiges d’habitats ainsi que des traces d’activités artisanales. Une maison aristocratique notamment a livré d’intéressants renseignements sur les occupants et la chronologie du site. Sa démolition intentionnelle vers le milieu du 13e siècle est peut-être à mettre en relation avec l’action de l’Inquisition et la condamnation pour hérésie du seigneur Bernard d’Alion en 1258. Le château est ensuite passé sous le contrôle des comtes de Foix qui renforcent sa défense vers 1270 en doublant l’épaisseur du rempart. La forteresse ne devient alors plus qu’un siège de garnison militaire. En 1411 lors des troubles de la Guerre de cent ans, elle est remise en état, les habitants de Montaillou réquisitionnés pour la défense y ont alors aménagé des loges servant de refuge. Le mobilier, dont quelques pièces d’armements, illustre cette phase de l’occupation. Les vestiges archéologiques permettent donc de replacer le site dans son contexte historique et seigneurial, mais également dans son environnement agricole et paysager grâce aux graines et charbons recueillis dans les couches archéologiques.

>>> Le dimanche 29 mai 2016 à 17h00 au musée archéologique Eburomagus (Bram) :  Il a été inaugurée une nouvelle formule d’échanges entre archéologues et public : le « Café archéo » . Proposée par la Mairie de Bram, musée Eburomagus, organisée par Lab Archéo et les amis des Essar[t]s, cette initiative a regroupé une vingtaine de personnes qui ont échangé avec l’invité du jour, Jean-Paul Cazes. Le thème de l’interprétation en archéologie était en relation avec celui de l’exposition présentée au musée : Futur antérieur. A partir d’exemples bien choisis, Jean-Paul Cazes, archéologue et historien bien connu, spécialiste des Wisigoths, vice-président de notre association, a suscité l’intérêt des auditeurs qui ont longuement participé à un riche débat. Successivement, ont été abordés les interprétations de fosses médiévales comme lieux de cultes chtoniens, celles des puits gaulois du Toulousain comme puits funéraires, et les villages circulaires médiévaux, mal nommés « circulades » comme expression d’un urbanisme promu par les Trencavel. Dans l’Histoire, la place de certains peuples, comme les Gaulois et les Wisigoths a été largement tributaire d’approches biaisées, que l’archéologie permet aujourd’hui de corriger.

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  >>>  Le samedi 2 avril 2016 à 15h00 au musée archéologique Eburomagus (Bram) : « Tolosa, gestation et naissance d’une ville » – Conférence par Jean-Marie Pailler Professeur émérite à l’Université de Toulouse Jean Jaurès, chercheur au Laboratoire Traces, Jean-Marie Pailler est le meilleur connaisseur de l’archéologie toulousaine. On sait qu’il a déjà dirigé un ouvrage paru en 2002, Tolosa, somme issue des travaux de plus de quarante chercheurs. De récentes découvertes, intervenues grâce à l’archéologie préventive ont permis de nouvelles certitudes et de nouvelles hypothèses restituées dans un ouvrage destiné au grand public, somptueusement illustré. Du nom ibéro-aquitain de Tolosa et des premiers habitats Volques de Saint-Roch et de Vieille-Toulouse jusqu’à l’attribution du qualifiquatif de « Palladienne » par Domitien, le conférencier a dévoilé le processus de création de cette ville et celui de la romanisation des Gaulois du lieu. Celle-ci apparaît plus précoce et plus spontanée qu’il n’y paraissait. À Vieille-Toulouse, Cornebarieu par exemple, on construit « à l’italienne » des maisons et des bains au Ier siècle avant notre ère. Les portes et le rempart sont les symboles marquants de la fondation d’une cité. Il est acquis que la construction de cette parure monumentale se fait sous l’empereur Auguste, en même temps que la réfection de la voie d’Aquitaine « inaugurée » en 14 de notre ère comme en témoigne la borne milliaire de Saint-Couat-d’Aude. Jean-Marie Pailler fit découvrir de façon lumineuse, grâce aux illustrations de Christian Darles, architecte et archéologue, présent à la conférence, l’organisation de la ville antique, ses principaux monuments, comme le forum, l’amphithéâtre et l’aqueduc, autres symboles forts de la cité romaine. Les présents qui se sont pressés pour l’écouter dans une salle trop exiguë sont restés longtemps sous le charme d’un propos aussi simple qu’érudit, toujours empreint d’humour et de références aux langues gauloises et latines. Car cet agrégé de Lettres Classiques n’est pas seulement historien et archéologue, mais aussi spécialiste de toponymie, d’anthroponymie, de théonymie et de lexicologie. La réunion s’est poursuivie par un riche dialogue et une séance de dédicace de l’ouvrage, en présence du jeune et talentueux éditeur, Bernard Seiden, des Editions Midi-Pyrénées. Ce beau livre, auquel a participé Michel Passelac, peut être commandé en librairie et sera disponible au Musée Eburomagus dès sa réouverture. TOULOUSE NAISANCE P

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  >>> Le 12 décembre 2015 à 15h00 au Musée archéologique Eburomagus (Bram) : « L’homme et l’animal : L’archéologie en Languedoc-Roussilon, du Néolithique à nos jours » – Conférence par Vianney Forest, docteur vétérinaire, biologiste, archéozoologue à l’Inrap. L’invité Vianney Forest, docteur vétérinaire, biologiste, archéozoologue à l’Inrap Méditerranée, associé au laboratoire du CNRS « Traces » de Toulouse nous a fait connaître sa discipline. Par un exposé lumineux, parfaitement illustré il a transmis à l’auditoire sa passion pour l’étude de l’animal du Néolithique à la période moderne. Il a commencé par définir le travail de l’archéozoologue dans ses aspects techniques, puis les questions posées par l’identification des restes animaux recueillis dans les fouilles. En se référant à des exemples précis d’analyses faites sur des sites de Bram même et de la région, il a montré la présence des multiples espèces consommées par l’homme ou utilisées par l’artisanat. Ainsi le dépôt de boucherie de la rue Marceau à Bram (IIe siècle de notre ère), renfermant les restes de nombreux porcs et bœufs, a permis de retrouver les techniques de découpe de viandes. Aux portes de Bram, ce sont d’énigmatiques restes d’équidés brûlés qui ont été recueillis dans un enclos gaulois. L’ensemble des données recueillies permet de pointer l’introduction des espèces, souvent arrivées du proche orient, leur localisation géographique, leurs caractéristiques et leur évolution morphologique. Cet exposé très vivant, très abordable malgré la complexité du sujet a passionné et séduit le public qui a manifesté son intérêt par de nombreuses questions. La conférence s’est terminée par une véritable discussion et une démonstration sur des pièces osseuses apportées par le conférencier. AFF CONF VF 121215 P >>> Le 28 novembre 2015 à 15h00 au musée archéologique Eburomagus (Bram) : « Révéler le passé : La prospection aérienne à basse altitude dans les régions méridionales de polyculture » – Conférence par Michel Passelac, chercheur honoraire au CNRS, associé à « Archéologie des Sociétés Méditerranéennes », président de Labarchéo. Cette conférence a montré la grande efficacité du survol à basse altitude en avion pour la détection et la connaissance des sites archéologiques. A côté des moyens de télédétection classiques comme la photographie verticale, ou sophistiqués comme l’imagerie satellitaire et la photogrammétrie LIDAR, la prospection en avion a l’avantage de permettre des observations très précises portant souvent sur des structures de petites dimensions au moment précis où celles-ci apparaissent. Après une introduction historiographique, les modes de révélation ont été expliqués. Michel Passelac, lui même pilote et auteur de nombreuses prospections depuis les années soixante dix a montré combien la magie des images était tributaire des conditions météorologiques, phytologiques, géologiques, des érosions agricoles, et de la chance de passer au bon endroit au bon moment… Les résultats ont été présentés par périodes depuis les enceintes du Néolithique et de l’âge du Bronze jusqu’aux sites fortifiés du moyen âge. Au fil des documents, le plus souvent saisissants, l’auditoire a pu mesurer les apports des prospections aériennes tant dans le domaine de la protection du patrimoine que dans celui de la recherche scientifique. Quelques exemples bien choisis ont montré comment des sondages, des fouilles et des prospections complémentaires ont validé les hypothèses et apporté des informations de premier ordre. La présence de certains de ces sites comme des enclos cultuels et funéraires de l’âge du Bronze était jusque-là insoupçonnée dans le midi de la France. De vastes villae gallo-romaines ont livré leurs plans et celui de leurs installations productives, tandis que les formes très diverses de l’habitat médiéval, fortifié ou non, ont été révélées. Le conférencier a fait vivre à l’auditoire les émotions de la découverte, et montré, malgré le caractère aléatoire des révélations tout le profit que l’on pouvait tirer de ces survols. AFF CONF MP 141115

 

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